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Maladie des griffes du chat

Synonyme : lympho-reticulose bénigne d’inoculation

En anglais : Cat Scratch disease

Nom de la maladie chez le chat : bartonellose féline (feline bartonellosis)

Danger [edit]

Nature : bactérie

Famille : Bartonellaceae

Genre : Bartonella, la plus fréquente est Bartonella henselae*.

*D'autres espèces de bartonelles ont été (et sont encore) identifiées chez divers hôtes vertébrés (chats, ruminants, rongeurs...) [1] L'impact zoonotique de ces différentes espèces n'est cependant pas clairement établi et reste à évaluer pour la plupart d'entre elles. La présente fiche ne traite que de Bartonella henselae. Les autres bartonelles (par exemple, B. quintana, responsable de la fièvre des tranchées) seront traitées dans un autre chapitre.

Maladie chez l’animal [edit]

Espèce réservoir : le Chat.

Les jeunes chats de moins de 1 an sont les plus fréquemment infectés. Ils n’expriment généralement pas de symptômes mais présentent une bactériémie qui peut persister plusieurs mois, voire un an. Une étude publiée en 2001 [2] dans la région parisienne a montré que 10% des chats sont porteurs (bactériémie) et que 40 % possèdent des anticorps anti-bartonelles. Le portage est donc fréquent, et de nombreux chats entrent en contact avec des bartonelles au cours de leur vie.

Matières virulentes :

- On retrouve la bactérie dans les déjections de puces (matière virulente

- Le sang des chats infectés contient la bactérie (bactériémie). Cependant, le sang ne présente pas d’importance pour la transmission entre chats ou du Chat à l’Homme (seulement pour infection des puces).

La transmission entre chats est effectuée par l’intermédiaire de la puce Ctenocephalides felis. La puce s’infecte lorsqu’elle prélève B. Henselae lors de son repas sanguin sur un chat bactériémique. Elle peut alors transmettre la bactérie à un autre chat lors d’un repas ultérieur (transmission vectorielle). Elle élimine la bactérie dans ses déjections. Un chat dont le pelage est souillé par des déjections de puces (matières virulentes) contamine ses griffes et sa cavité buccale en se grattant ou lors de sa toilette. Il peut ensuite contaminer un autre chat à l’occasion de jeux par exemple (transmission par griffure morsure).

Dans tous les cas, l’intervention des puces est nécessaire puisque les griffes et la cavité buccale du chat sont contaminées par les déjections de puces.

La transmission de la maladie entre chats ne peut avoir lieu en l’absence de puces.

Maladie chez l’Homme [edit]

Modalités de contamination humaine

L'agent est généralement inoculé à l’Homme lors d'une griffure, ou éventuellement d'une morsure, d’un chat dont les griffes ou la salive sont contaminées par des déjections de puces.

La transmission à l’Homme est aussi possible par voie oculaire en se frottant les yeux avec des mains contaminées (suite à la manipulation ou la caresse d'un chat, manipulation de prélèvements, culture en laboratoire…)

Enfin, il est parfois fait allusion, dans la littérature, à une intervention d'arthropodes vecteurs (puces, tiques) dans la transmission de la maladie à l'Homme. Néanmoins, cette voie, si elle existe, serait minoritaire.

Modalités de transmission de la maladie des griffes du chat

La transmission entre chats ne peut se faire qu’en présence de la puce Ctenocephalides felis. Dans la mesure où le chat est réservoir, et la puce le vecteur, la transmission entre chat peut se faire de façon vectorielle. La puce s’infecte sur un chat bactériémique et infecte ensuite un autre chat. Entre chat, la transmission peut aussi avoir lieu par griffure/morsure. Un chat infesté de puces et dont les griffes et/ou la salive sont contaminées par des matières virulentes provenant de ces puces inoculant ensuite la bactérie à un autre chat. L'Homme, quant à lui, est généralement contaminé par inoculation de la bactérie à l’occasion d’une griffure (ou d’une morsure) d’un chat dont les griffes ou la cavité buccale sont souillées par les matières virulentes.

Activités à risque :

Toutes les activités exposant à des griffures de chats sont à risque.

Professions : éleveurs, vendeurs, animaliers, vétérinaires, auxiliaires spécialisé(e)s vétérinaires…

Exposition familiale : propriétaires de chat(s)

Répartition :

Maladie sporadique de répartition mondiale. Elle affecte surtout les enfants et les jeunes adultes. C’est la première cause de lymphadénopathie chronique bénigne chez l'Homme (lymphadénopathie = atteinte des nœuds lymphatiques (glossaire)).

Symptômes chez l’homme :

L’infection est bénigne chez le sujet immunocompétent. Après une incubation de 1 à 2 semaines, une petite lésion cutanée apparaît au point d’inoculation. Cette lésion régresse de façon concomitante au développement d’une adénopathie régionale (atteinte du ou des nœud(s) lymphatique(s) drainant la région concernée). Cette dernière constitue le motif principal de consultation chez le médecin. Souvent unilatérale, localisée à la porte d’entrée, sa taille est variable et régresse spontanément en 6 à 12 mois, ne laissant aucune séquelle. Très rarement, une suppuration ou une fistulisation peuvent apparaître. Le diagnostic est difficile à établir par le médecin qui doit écarter toute adénopathie d'origine maligne (réalisation de biopsie).

Des formes atypiques (forme oculaire, hépatosplénique, neurologique) sont décrites : plus graves, associées à une atteinte systémique/générale, elles sont cependant moins fréquentes.

Enfin, chez les patients immunodéprimés (notamment chez les patients VIH+), l’infection par Bartonella henselae peut aussi se manifester par une atteinte vasculaire ou hépatique grave.

Mesures de prévention chez l’Homme [edit]

- Les mesures de prévention font appel à des mesures d’hygiène élémentaire : se laver les mains après tout contact avec un chat, nettoyer toute griffure ou morsure à l’eau et au savon et la désinfecter avec un antiseptique.

- Etant donné le rôle primordial des puces dans l’entretien du cycle épidémiologique de la bartonellose féline, l’utilisation régulière de produits anti-puces est essentielle pour limiter la transmission entre chats et ainsi lutter contre le réservoir. La lutte contre les puces permet aussi de diminuer la transmission de la maladie à l’Homme car un chat non infesté n'est pas contaminé par les matières virulentes (=déjections de puces).

- La manipulation et la contention des chats sont à réaliser de façon à éviter toutes griffures/morsures.

Restez donc zen en clinique, ne stressez pas, tout se passe généralement très bien !

- Information des personnes exposées aux griffures/morsures de chatons :

Propriétaires de chaton(s)

Personnels des cliniques vétérinaires, animalerie...


[1] Chomel BB and Kasten RW. Bartonellosis, an increasingly recognized zoonosis. Journal of applied microbiology 109 (2010) : 743-750

[2] Gurfield AN, et al. Epidemiology of Bartonella infection in domestic cats in France. Vet Microbiol 2001, 80(2):185-98.